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Le blog des parents PEEP de l'école élémentaire Bons Raisins de Rueil-Malmaison

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Information PEEP Nationale Juin 2014

Chers parents,

En ce début du mois de juin, l’actualité est toujours celle « des rythmes » ou plus précisément de l’aménagement du temps scolaire en primaire.

Un an et demi que nous sommes enferrés dans une réforme inapplicable et fort coûteuse. Un an et demi que nous subissons les pressions de toute part, des sondages divers, des annonces rassurantes ... à nous faire presque perdre de vue l’essentiel.

Pendant tout ce temps, en effet, l’Etat et ses représentants de l’éducation nationale n’ont cessé de pratiquer une certaine désinformation pour tenter de convaincre de l’intérêt de la réforme.

Fondée sur une très mauvaise connaissance des territoires et de leurs écoles, maladroitement étayée par une obligation pour toutes les communes à rentrer dans un cadre encore plus contraignant que celui antérieur à 2008, cette construction à la va-vite ne tient pas ! Il n’y a rien de commun, évidemment, entre une école de centre-ville ultra urbain contraint par des espaces exigus, où les élèves s’entassent dans de petites classes et font la queue à la cantine, et une école rurale aux effectifs réduits, dont les élèves se lèvent tôt pour se rendre en classe en autocar. Rien de commun non plus entre les moyens financiers et humains des communes pour gérer leurs écoles et organiser les temps annexes tels que ceux de la cantine, de la garderie, du centre de loisirs, etc....

Motivée par le souhait généreux de prendre en compte au mieux les rythmes de l’enfant pour le placer dans des conditions optimales d’apprentissage, cette réforme du temps scolaire a finalement surtout abouti à une réforme du temps périscolaire ! Les emplois du temps des élèves ont été modifiés et des plages horaires avec des nouvelles activités périscolaires sont apparues. Des activités pour occuper le temps cédé par l’école.

A aucun moment de cette réforme n’a été abordé ce qui se passait pendant le temps de classe : Quelle réflexion mener pour faciliter les apprentissages ? Pour que les élèves soient motivés et heureux d’aller à l’Ecole ? Comment accompagner les difficultés de certains élèves ?

Toutes ces préoccupations, que les parents partagent au quotidien avec les enseignants, ont été ignorées dans cet aménagement du temps scolaire.

Est-ce en modifiant les horaires de classe que l’Ecole française parviendra à mieux faire réussir ses élèves ?

Nous, parents PEEP, savons que les vrais problèmes sont ailleurs. Restons mobilisés pour obtenir une vraie réforme de l’éducation en France.

Cordialement Valérie Marty

Présidente nationale

Rencontre avec le ministre :

Le 2 mai 2014, la PEEP a rencontré Benoit Hamon, nouveau ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce dernier a exposé à notre délégation les axes principaux de l’action qu’il entend mener, dont le fil conducteur sera, selon lui, la lutte contre les inégalités sociales.

Faisant le constat d’une Ecole qui ne parvient non seulement plus à résorber les inégalités sociales, mais les amplifie, Benoit Hamon entend prolonger l’action initiée par Vincent Peillon en donnant la priorité au primaire et au chantier du numérique à l’école.

Le ministre a déclaré vouloir mettre en œuvre sa politique en tenant compte des aspirations des parents, des enfants et des enseignants, citant à titre d’exemples de cette volonté d’écoute l’assouplissement de la mise en application de la réforme des rythmes scolaires, son intention de réunir une conférence de consensus sur la question de l’évaluation ou bien encore la consultation prochaine des enseignants au sujet des nouveaux programmes du primaire.

Concernant le lycée, pas de nouveauté en vue ; on fera une pause bienvenue dans la menée des réformes à fins d’évaluation des changements déjà apportés.

Notre délégation a de son côté rappelé au Ministre ses attentes pour ce qui concerne la place et l’accueil des parents dans les écoles, la clarté des documents qui leur sont diffusés, et la reconnaissance de statut de parent délégué. Nous avons aussi réitéré auprès du ministre notre demande de voir évoluer le baccalauréat, notre souhait de voir les modalités en matière de discipline, évaluation et orientation clarifiées

Du décret de Vincent Peillon à celui de Benoît Hamon

dit « d’assouplissement ».

Benoit Hamon, nouveau ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche avait dès son arrivée au ministère un dossier complexe et difficile sur son bureau, celui des rythmes scolaires.

Le décret du 24 janvier 2013 institue le retour à la semaine de quatre jours et demi, imposant 9 demi- journées et limitant la durée de la journée à 5h30 contre les 6 heures actuelles. Lors de son passage devant le Conseil Supérieur de l’Education, il a recueilli 5 voix pour, 23 voix contre (dont celle de la PEEP), 30 abstentions (dont celle de la FCPE), 15 refus de participer au vote (dont celui de l’UNSA qui dit soutenir la réforme !). Tous votant surtout sur des postures politiques.

Ainsi débuta la vie de ce texte, très attendu et déjà fortement contesté.

La première ville à avoir accepté d’appliquer la réforme des rythmes dès la rentrée 2013 fut Paris, à la seule condition de pouvoir déroger au texte. Trouvant que l’organisation qui consiste à mettre en place les nouvelles activités périscolaires sur 45 min n’a pas beaucoup de sens, le maire de Paris d’alors, Bertrand Delanoë, avait obtenu une dérogation permettant de rassembler les TAP sur deux après-midis. Ainsi, deux jours par semaine, les élèves parisiens continuent à avoir 6 heures de classe.

En acceptant cette dérogation, Vincent Peillon, le ministre du moment, sans en être conscient, venait d’écrire les premières lignes du futur Décret d’assouplissement qui permet de conserver des journées de 6 heures.

Les villes qui ont mis en place le nouvel aménagement du temps scolaire à la rentrée scolaire ont, de manière très générale, suivi le cadre imposé en réduisant la journée de 45 minutes et en ajoutant une matinée, le mercredi matin.

Ce sont ces quarante-cinq minutes d’animations qui ont rapidement posé problème. Les élèves, sans récréation ni même pause, passaient d’un temps d’école à celui d’activités à vocation culturelles, artistiques ou sportives. Au temps de classe se substituait un autre temps, pas meilleur mais parfois pire en terme d’encadrement.

Les multiples remontées des parents d’élèves ont rapidement pointé la fatigue des enfants, accrue par l’organisation en millefeuille des temps scolaires et périscolaires, la perte de repère pour les plus jeunes, le manque de cohérence éducative, etc ...

Relayant les synthèses des différents comités de pilotage auquel participaient nos responsables PEEP, nous avons présenté nos revendications quant à l’assouplissement du cadre de cette réforme. Malgré nos sollicitations, courriers et rencontre lors du Salon de l’éducation sur le stand de la PEEP, Vincent Peillon refusait farouchement de modifier le décret, l’estimant déjà très ouvert, niant les réalités du terrain et les contraintes inextricables des communes mais aussi celles des parents et des enseignants.

Le 17 avril 2014, peu de temps après la nomination de Benoît Hamon au poste de ministre de l’éducation nationale de la recherche et de l’enseignement supérieur, son directeur de cabinet nous recevait afin d’évoquer les modalités d’assouplissement de la réforme des rythmes.

La Fédération PEEP a demandé qu’un nouveau décret relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles élémentaires prévoie la possibilité de déroger à la mise en place d'une semaine scolaire répartie sur 9 demi-journées et à l’interdiction des 6 heures de classe par jour. Ces deux verrous devaient « sauter » pour que les communes puissent aménager des temps périscolaires qui fassent sens pour les enfants et ne transforment pas leur journée en une organisation frénétique.

La PEEP a exposé également sa volonté qu’il soit permis d’annualiser le temps scolaire en réduisant les vacances, et insisté pour que les conseils d’école soient obligatoirement consultés, que leur vote soit pris en compte dans la décision finale d’aménagement du temps scolaire.

Nous avons dans le même temps renouvelé notre demande d’exclure les écoles maternelles de la réforme.

Le 5 mai 2014, le Conseil Supérieur de l’Education se réunissait avec un seul point à l’ordre du jour : le décret d’assouplissement, ou d’expérimentation,... à chacun sa sémantique.

Les membres du conseil d’administration ont longtemps débattu afin de décider du vote qui serait porté par notre représentant. Ils ont estimé qu’un grand nombre des propositions de la PEEP avait été retenues et ont décidé de donner un avis positif pour ce texte. La facilité eut été de s’abstenir, revendiquant un texte qui n’allait pas assez loin, mais dans une instance où la posture est le refus de « prendre position » évitant ainsi tout désaccord avec sa base, La PEEP a affiché conformément à ses valeurs une responsabilité constructive de sa représentation.

Vous trouverez ci-joint le tableau comparatif des deux circulaires.

Assouplissement de la réforme des rythmes scolaires en primaire

Le texte de la réforme

L’assouplissement de la réforme

QU’EST-CE QUE ÇA CHANGE ?

Circulaire d’application du décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires

Circulaire d’application du décret n° 2014-457 du 7 mai 2014 portant autorisation d'expérimentations relatives à l'organisation des rythmes scolaires dans les écoles maternelles et élémentaires

Possibilité pour les communes et conseils d’école de demander une ‘expérimentation’ sur 3 ans dérogeant aux contraintes du décret de janvier 2013, à présenter au plus tard le 6 juin 2014 à l’IA- DASEN.

Semaine scolaire de 24 heures d'enseignement réparties sur 9 demi- journées

Pas moins de huit demi- journées par semaine comprenant au moins cinq matinées

Les Temps d’Activités Périscolaires peuvent être regroupés sur un après-midi entier.

Pas plus de cinq heures trente par jour

Pas plus de six heures par jour

5 matinées de 3h+ 3après-midi de 3h = 24h d’enseignement
=> 1⁄2 journée libérée pour les TAP

Semaine scolaire de 24 heures d'enseignement

Ces expérimentations ne peuvent prévoir une semaine scolaire comportant plus de vingt-quatre heures d'enseignement, mais elles peuvent en prévoir moins.

Les vacances d’été peuvent être rognées pour réduire la semaine de classe (le nombre d’heures annuel et les ‘petites vacances’ ne peuvent être réduits)

Exemple : 2 semaines rognées sur les vacances d’été = 1 mercredi (ou samedi) matin sur 2 libéré

Le DASEN arrête l'organisation du temps scolaire de chaque école. Il prend la décision à partir des projets d'organisation de la commune ou de l'EPCI et/ou du conseil d'école. Il doit avoir au préalable recueilli l'avis du maire.

Le projet d'expérimentation doit être proposé conjointement par le ou les conseils d'école et la commune d'autre part. La convergence de vues de la communauté éducative et de la commune ... est une garantie que ce projet s'inscrit dans une démarche éducative globale.

Les conseils d’école, qui étaient jusqu’à présent rarement consultés sur la question, sont désormais co- décisionnaires quant à l’organisation du temps scolaire.

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